<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://loubiere.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://loubiere.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[La Mélodie du bonheur]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://loubiere.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2008-09-04T15:08:31+02:00</updated>		<entry>			<title>Le jazz à Lalo</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><span>"Je voulais creer le son de l'excitation". Ainsi parle Lalo Schifrin lorsqu'il evoque ses recherches musicales et rythmiques sur la generique jazzy de la serie MISSION IMPOSSIBLE. Une excitation qu'il va sans doute connaitre pour de bon, samedi 13 septembre a la Villette...</span></p>
<p><span></span><span>En effet, La Villette Jazz Festival propose un concert exceptionnel d'un des compositeurs de musique de film les plus passionnes de jazz, aujourd'hui age de 76 ans : Lalo Schifrin.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Originaire de Buenos Aires, Lalo Schifrin vient enrichir sa formation musicale a Paris au Conservatoire au debut des annees 50. A cette epoque, il joue dans des boites de jazz, acquerant une reputation de compositeur et arrangeur, jouant et enregistrant en Europe. De retour a Buenos Aires quelques annees plus tard, c'est a l'occasion de l'une de ses performances que Dizzy Gillespie decouvre le musicien argentin: epate, il lui demande de devenir son pianiste et arrangeur.</span></p>
<p><span>En 1958, Schifrin rejoint les Etats-Unis. Il y fera une prodigieuse carriere.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Sa musique emprunte a la musique classique et aux differentes techniques musicales du 20eme siecle. Son amour premier pour le jazz et la rythmique ont une forte influence sur ses compositions. Il ecrit plus d'une centaine de musiques de films pour le cinema et la TV.<span> <em></em> ont largement contribue au succes des deux series.</span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Samedi 13 septembre, a </span><span>20h,</span><span> Lalo Schifrin en concert a la grande Halle de la Villette (salle Charlie Parker), avec l'Orchestre National d'Ile de France et la participation du trompettiste John Faddis. </span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Au programme: des compositions de Bill Evans, T. Monk, D. Gillespie ... et Lalo Schifrin.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Info et reservations :</span></p>
<p><span>01 44 84</span><span> 44</span><span> 84</span><span> et </span><span>01 40 03</span><span> 75</span><span> 75</span><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span><strong></strong></span></p>				</div>			</content>			<id>http://loubiere.blog.toutlecine.com/4752/Le-jazz-a-Lalo/</id>			<link href="http://loubiere.blog.toutlecine.com/4752/Le-jazz-a-Lalo/" />			<author>				<name>loubiere</name>				<uri>http://loubiere.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-09-04T15:07:57+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Le film fondateur de la Bossa Nova</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Au printemps 1959, arrive sur les ecrans un film
qui allait marquer les esprits. Outre les prestigieuses
recompenses obtenues (Palme d'or en 1959 a
Cannes, Oscar du meilleur film etranger a Hollywood
l'annee suivante), <em>Orfeu Negro</em> de
Marcel Camus donnait a voir
plus qu'une transposition du mythe d'Orphee dans
la frenesie du carnaval de Rio de
Janeiro.</span></p>
<p><span>Exceptionnel pour l'epoque, tous les
roles de ce film etaient tenus par des acteurs noirs
(Marpessa Dawn et Breno Mello pour les roles vedettes), alors
inconnus du grand public.</span></p>
<p><span>Autre particularite du film: la musique.
Elle y tient une place preponderante. Y figurent
trois perles de la musique bresilienne dans leur version
originale immaculee,: M<em>anha de Carnaval, A
Felicidade</em> et <em>Samba de Orfeu</em> dans leur version
originale. Nes du genie d'Antonio Carlos Jobim, Luiz
Bonfaet Vincius de
Moraes. A cette bande sonore s'ajoutent les
musiques de carnaval accompagnant les defiles
traditionnels, comme le <em>frevo</em>. La manifestation de la
ferveur religieuse ou se melaient des influences
amerindiennes et africaines etaient egalement
une partie importante de cette partition ou beaucoup
decouvraient ce qu'est la
<em>macumba</em>...</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span><strong>ORFEU NEGRO  petite
histoire de la bande sonore</strong></span></p>
<p></p>
<p><span>Au soir du 12 mai
1959, au palais des Festivals de Cannes, on decouvre un film
etrange, realise par Marcel Camus a Rio
de Janeiro, interprete par des acteurs noirs inconnus
du public et presente, faute de temps, sans
sous-titres permettant d'eclairer le sens des paroles
bresiliennes. Qu'importe si les dialogues
echappent a l'entendement, les amours
d'Orphee et d'Eurydice composent une histoire
universelle que les rythmes du carnaval aureolent d'un
charme inedit.  Les sambas de l'Orphee
Noir ont electrise le festival ! , titre
l'<em>Aurore</em></span>
<span>des le
lendemain, plaant l'<em>outsider</em></span> <span>franco-bresilien sur le chemin de la victoire
devant les <em>Quatre cents
coups</em></span> <span>de
Franois Truffaut. Le jury decerne la Palme
d'Or a <em>Orfeu
Negro</em></span><span>, au moment meme ou Philips lance sur le
marche franais le premier album de la bande
originale et revele au public les melodies de
Tom Jobim, la guitare et les compositions de Luiz Bonfa,
ainsi que la poesie de Vinicius de
Moraes.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Le disque comporte
deux titres qui feront date dans l'histoire de la musique
populaire bresilienne : <em>A
Felicidade</em></span><span>, de Jobim
et Moraes, et <em>Manh de
Carnaval</em></span> <span>compose par Bonfa sur des paroles du
journaliste et poete Antonio Maria.
Interpretees par Agostinho dos Santos et Elizeth
Cardoso, ces chansons connaissent un succes
immediat.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Parallelement, de nombreux musiciens occidentaux
se lancent dans l'aventure d'<em>Orfeu Negro</em></span><span>, sorti en salle le 12
juin 1959. En France, une kyrielle de chanteurs enregistre
<em>La Chanson
d'Orphee</em></span> <span>et <em>Adieu
tristesse</em></span><span>. Aux
Etats-Unis, apres une sortie remarquee en
decembre 1959, le film reoit l'Oscar du
meilleur film etranger en 1960 et la bande originale,
lancee par Epic en juin 1960, trouve un large echo
aupres des <em>jazzmen</em></span> <span>nord-americains.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Pour plusieurs
d'entre eux, <em>Orfeu
Negro</em></span> <span>s'apparente a la decouverte
d'un Nouveau Monde sonore. Dizzy
Gillespie :  J'ai decouvert la samba
avec la bande originale d'<em>Orfeu Negro</em></span><span>. Lorsque les musiciens
ont commence a jouer, je me souviens avoir
pense : mais, ce sont mes freres la-bas ?
Quand je suis arrive au Bresil, je me suis rendu
compte que c'etaient vraiment des freres et
qu'il existait une vraie relation entre nos musiques
.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span><em>Orfeu
Negro</em></span> <span>signe le point
de depart de l'expansion de la musique
bresilienne dans le monde. La bande originale annonce
la Bossa Nova, dont les premiers echos parviennent aux
Etats-Unis au cours de l'annee
1961.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Avant-gout de
la bossa nova, <em>Orfeu
Negro</em></span> <span>dessine un
triangle musical inedit entre la France, le Bresil et
la cote ouest des Etats-Unis. De maniere
generale, la bande originale frappe par sa
diversite. Loin de prendre parti dans la querelle des
Anciens et des Modernes, Camus offre au spectateur
d'<em>Orfeu
Negro</em></span> <span>un panorama de
la musique populaire bresilienne des annees 1950,
alliant les rythmes <em>afro</em></span> <span>herites de
la periode coloniale aux propositions novatrices de Jobim et
Bonfa.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>La musique
traditionnelle est presente dans la serie des
<em>pontos de macumba</em></span>
<span>enregistree dans des <em>terreiros</em></span> <span>de la region de Rio, marquee par la forte
pregnance de l'<em>umbanda</em></span> <span> croyance
syncretique melant elements africains,
catholiques et spirites. Accompagnes de battements de
mains, <em>atabaques</em></span> <span>et <em>agogo</em></span><span>, chantes en portugais et entrecoupes de
cris manifestant la transe des participants, ces enregistrements
constituent des documents ethnologiques de premier ordre, dont la
force esthetique prend le contre-pied des
prejuges en vigueur dans la societe
bresilienne de ces
annees-la.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>La musique
carnavalesque est egalement a l'honneur, avec
les <em>batucadas</em></span>
<span>interpretees par
les <em>baterias</em></span>
<span>des ecoles de samba les plus
prestigieuses de l'epoque. Enregistres en
studio, ces ensembles de percussions rendent compte de la
diversite des rythmes du carnaval <em>carioca</em></span> <span>:
la samba, mais aussi le <em>frevo</em></span><span>,
danse des ombrelles venue de Recife, dont Jobim reproduit le rythme
binaire et syncope dans <em>Frevo do Orfeu</em></span><span>.<span></span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span><em>A
Felicidade</em></span> <span>est
chantee par Agostinho dos Santos, choisi par Camus au
detriment de Joo
Gilberto dont la voix etait
jugee trop blanche pour figurer l'Orphee noir.
L'ombre de ce dernier plane toutefois sur la musique du film,
auquel certains affirment qu'il aurait participe en
tant que guitariste.<span></span></span></p>
<p><span><span></span></span></p>
<p><span>Le succes de
ce film litteralement mythique allait de pair avec celui de
sa propre bande son, alors publiee par Philips/Fontana et
que nous retrouvons aujourd'hui reeditee
sous le label UNIVERSAL JAZZ
re-masterisee et remontee dans
le souci de suivre au mieux la tension tragique des amours
d'Orphee et d'Eurydice telle que l'avaient
imaginee Marcel Camus et Vinicius de
Moraes.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>La presente
edition est la premiere a synthetiser
tous les acquis des editions precedentes.
Cet album reference
presente donc la musique presente dans le film mais
non reproduite au sein des differents albums
deja publies ainsi qu'un important
materiel inedit dormant dans les archives
Philips.<span></span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Cette
reedition sera suivie a l'automne 2008
d'une edition de
luxe, en volume tres
limite, reprenant l'integralite de cette
Bande Originale ainsi qu'un deuxieme disque regroupant
de nombreux bonus et inedits (dont une pepite
composee par Tom Jobim).</span></p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://loubiere.blog.toutlecine.com/4739/Le-film-fondateur-de-la-Bossa-Nova/</id>			<link href="http://loubiere.blog.toutlecine.com/4739/Le-film-fondateur-de-la-Bossa-Nova/" />			<author>				<name>loubiere</name>				<uri>http://loubiere.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-09-02T13:00:22+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>LA CARPE ET LE LAPIN</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p>


Auric, Honegger, Milhaud furent
sollicites par les pionniers du film sonore tout autant que
Chostakovitch. Si la vieille formule
de Stravinsky assimilant la musique de film a du <em>papier
peint</em> est encore trop souvent d'actualite, la
qualite de nombreuses partitions ecrites pour le
cinema permet d'installer la musique de film comme un
art majeur. Mais il est parfois difficile voire impossible
a un compositeur pour l'image de s'exprimer avec
la liberte qui sied a l'artiste. La rencontre
est donc necessaire : celle de la carpe et du lapin.

Sans Georges Delerue, que serait
Franois Truffaut ?
Sans Nino Rota, que serait Federico Fellini ?
Sans Bernard Herrmann, que serait Alfred Hitchcock ?
Sans John Williams, que serait Steven Spielberg ?
Sans Henri Mancini, que serait Blake Edwards ?
Sans Angelo Badalamenti, que serait David Lynch ?
Sans Alberto Iglesias, que serait Pedro Almodovar ?
Sans Howard Shore que serait David Chronenberg ?
Sans Philippe Sarde, que serait Bertrand Tavernier
?
L'inverse est aussi valable : difficile d'imaginer ce
que serait Philippe Sarde sans Claude Sautet, Alexandre Desplat
sans Jacques Audiard, Gabriel Yared sans Anthony Minghella...
Ces couples de cinema se sont construits
passionnement. Il est souvent question de relations
fusionnelles, d'infidelites et de trahisons. La
liste de collaborations exemplaires est longue. Les divorces sont
legions. Le depart de 'un une immense douleur pour
l'autre, l'impossibiliter de poursuivre un certain chemin de
creation. Mais pour que l'oeuvre existe dans
l'oeuvre, il faut parler le meme langage : celui
de l'exigence. Celui de la liberte.
Des premieres musiques d'accompagnement (
L'assassinat du Duc de guise (1908)  partition
signee Camille Saint-Saens) a 
Reviens-moi  (Golden Globe 2008 de la meilleure musique de
film, partition de Dario Marianelli), un siecle s'est
ecoule, soit cent annees de partitions
musicales ecrites pour le cinema, par des
compositeurs de plus en plus contraints par des delais et
des systemes de productions a
l'economie, nourris d'images, de
references musicales, jusqu'a
l'etouffement.
Sans l'aide du realisateur, sans son engagement
personnel, sans une relation de confiance avec le compositeur, la
partition ecrite risque fort d'etre
negligee : sacrifiee au mixage pour laisser
place aux effets sonores, recalee par un public lors
d'une preview, recoupee a volonte,
confettisee, enregistree a prix reduit,
elle se vide de sa substance.
La reussite d'une partition de film releve de
la responsabilite du cineaste et de ses
capacites a la defendre - in fine,
n'elle-t-elle pas aussi le revelateur de son
identite, de sa personnalite et de son univers ? Si
tous les lapins du monde pouvaient
l'entendre...</p>
				</div>			</content>			<id>http://loubiere.blog.toutlecine.com/2706/LA-CARPE-ET-LE-LAPIN/</id>			<link href="http://loubiere.blog.toutlecine.com/2706/LA-CARPE-ET-LE-LAPIN/" />			<author>				<name>loubiere</name>				<uri>http://loubiere.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-08-11T14:04:01+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Se souvenir d'Elmer en ce mois d'août</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>




<strong>Laureat de l'Oscar pour la comedie
musicale d'Arthur Hiller <em>Millie</em>, Elmer Bernstein A
ete cite dix fois pour cette meme
recompense. Parmi ses partitions les plus connues (Une
centaine): <em>L'homme au bras d'or, Les dix
commandements, Le dernier des geants, Les sept mercenaires,
Comme un torrent, La grande evasion, Le prisonnier
d'Alcatraz, My left foot, mais aussi les comedies Un
fauteuil pour deux , S.O.S. fantomes</em> et <em>Y a-t-il un
pilote dans l'avion ?</em> Il a travaille
d'apres la partition originale de Bernard Herrmann pour le remake du film L<em>es
nerfs a vif</em> que realisa Scorsese... Parmi
ses dernieres partitions,
<em>l'idealiste</em> de Coppola, <em>A tombeau
ouvert</em> de Scorsese et <em>Loin du Paradis</em> de Todd Haynes.
Ne en 1922 et decede le 18 aout
2004, Elmer Bernstein fut l'un des compositeurs
d'Hollywood le plus admire et le plus
respecte.</strong>

En mars 2000 aux Etats-Unis, Elmer Bernstein, invite
d'honneur du Festival International de film et de Rencontres
cinematographiques de Sedona, Arizona, etait
deja tres lucide sur la place du compositeur
dans l'industrie du cinema et ses perspectives
d'evolution. Le resume de son parcours
est aussi typique des compositeurs du debut du XXe
siecle, marque par l'immigration et la
guerre.

<em>Vous etes ne a New
York ?</em>
Oui. Mes parents etaient immigrants. Ils sont arrives
aux Etats-Unis a 5 ans au debut du siecle
dernier. Mon pere etait professeur dans une
ecole. Ma mere voulait etre danseuse. Elle
avait etudie avec Isadora Duncan, mais mon
grand-pere etait tres conservateur et ne
voulait pas voir sa fille monter sur une scene...
J'ai grandi dans cet environnement artistique. Mes parents
ont toujours voulu que je fasse quelque chose dans ce domaine.
J'etais fils unique et mon bonheur comptait beaucoup
pour eux.

<em>Quel fut votre premier instrument
?</em>
Le piano. J'ai debute les concerts a
l'age de 15 ans. Le dernier, je l'ai donne
a New York a 28 ans. J'ai commence
a improviser sur mon piano a l'age de 10
ans. Deux ans plus tard, j'obtenais une bourse pour
travailler le piano avec la concertiste Henriette Michelson
(Professeur a la Julliard School de New York). Elle entendit
mes improvisations et decida de me faire travailler avec
Aron Copland. C'est comme a que mon apprentissage de
compositeur a demarre.
<em>
Vous souvenez-vous de votre premier
emoi cinematographique ?</em>
... J'ai toujours aime les films. Ma
grand-mere qui n'avait jamais appris a parler
anglais adorait aller au cinema. Elle m'emmenait avec
elle quand j'avais 6 ans. Au debut, nous allions voir
des films muets, ce qui etait parfait pour elle !
<em>
Vous obtenez votre diplome a la
Walden School of Music de New York, et trois ans apres,
c'est la guerre...</em>
Oui... Enrole dans l'Air Force. A la
verite, je n'ai pas quitte les
Etats-Unis. Etant pianiste, on m'avait charge
d'ecrire les musiques des documentaires de propagande
radio dont le but etait de faire croire au peuple
americain que nous faisions du bon boulot, que nous allions
gagner !... Apres la guerre en 1946, comme
j'avais beaucoup aime mon travail
d'ecriture pour la radio, j'ai voulu continuer
dans le civil. Mais personne n'avait jamais entendu
parle de moi, evidemment. Alors, je suis revenu
a mes concerts classiques.
<em>
Hollywood vous ouvre les bras en
1951...</em>
Oui. A l'epoque, c'est l'age
d'or des musiques de films. La plupart des compositeurs
venaient d'Europe centrale. Ils avaient apporte ce
langage musical bien particulier : Dimitri
Tiomkin, Franz Waxman, Max Steiner,
Miklos Rozsa, Ils etaient tous europeens et
c'etaient les meilleurs. C'etait
a, le son d'Hollywood. C'est celui que
j'ai trouve en arrivant. Mais un peu avant moi, deux
compositeurs Americains commenaient
deja a ecrire de la musique plus made
in USA : Bernard Herrmann et
Alex North.
<em>
Vous sentez-vous plus proche du son
americain que du son europeen ?</em>
... Je crois que mon travail, a la base, combine les
deux influences. Mais les premiers succes de ma
carriere sont lies au fait que mes partitions
sonnaient americain.

<em>Le jazz tient une place importante dans vos
compositions.</em>
Le jazz, je l'ai connu grace a mon pere.
C'etait un grand collectionneur de disques. Et
j'ai grandi avec la musique de Louis
Armstrong, King Oliver... Ce genre de disques
etait partout a la maison. Je n'ai jamais
joue moi-meme du jazz, mais j'ai ce feeling
particulier, oui...

<em>Comment avez-vous rencontre Otto
Preminger ?</em>
En 1952, j'ai fait la musique d'un film : <em>Sudden
fear</em>. La partition avait attire l'attention : les
hautbois et le piano tres presents, a ne se
faisait pas a cette epoque. A l'une des
previews du film, le frere d'Otto etait dans la
salle. Trois ans plus tard, lorsque Otto chercha un compositeur
pour <em>L'homme au bras d'or</em>, son frere se
souvint de ma partition et suggera mon nom a son
frere.
<em>
Ce score fut-il difficile a ecrire
?</em>
Non. La seule difficulte fut de le faire vite... En 20
jours exactement ! Mais d'un autre cote, je
pouvais assister au tournage et voyais les rushs tous les trois
jours. a m'a beaucoup aide.

<em>Quelle recette pour ecrire la
musique de Western ?</em>
J'ai eu un certain impact sur la musique pour Western
a l'epoque des <em>Sept mercenaires</em> (1966)
et j'en suis content. Avant que j'en fasse, elle
ressemblait surtout a de la musique folklorique. Moi,
j'ai simplement traite le sujet avec beaucoup
d'energie. J'adorais a !

<em>Et les films de guerre comme  La
grande evasion  : comment travailler ce genre de
partition ?</em>John Sturges a beaucoup a voir
dans mon ecriture pour ce genre cinematographique. Il
vous raconte son film et l'inspiration vous vient
automatiquement. Il cree l'ambiance et definit
la couleur musicale rien qu'en vous parlant. Formidable! Je
me basais toujours sur un theme unique pour ecrire.
Certains themes, je dois l'avouer, furent
composes quand j'avais quinze ans... Je les
ressuscitais, en quelque sorte !
<em>
Vous a-t-on refuse des partitions
?</em>
Oui. Une fois a cause du realisateur, mais la plupart
du temps, pour des raisons purement commerciales. D'une
faon generale, j'ai beaucoup de chance,
car je n'ai jamais eu de partitions refusees sur un
film qui ait marche !
<em>
En tant que compositeur, vous sentez-vous
a l'aise aujourd'hui a
Hollywood?</em>
Aux Etats-Unis, les compositeurs ont nettement moins de
liberte aujourd'hui qu'hier, et cela pour
differentes raisons : d'abord, il me semble que
certains realisateurs sont devenus des auteurs avant
d'avoir le droit de le revendiquer. Je ne parle pas de
Scorsese ni de Francis Ford Coppola, bien sur ! Mais ce
n'est pas forcement bon pour un jeune
realisateur d'avoir cette pretention :
a tourne vite a l'autoritarisme. Ensuite, on
est emprisonne dans un etau commercial : les studios
veulent toujours faire de l'argent avec la musique. Alors, la
partition en souffre... Prenons
l'exemple desastreux de <em>The Wild Wild West</em>
dont j'ai ecrit la partition originale. Avec un film
de ce genre, avec un score de cette ampleur (Et la, la
qualite de la partition n'intervient pas), on sort un
album de chansons qui n'ont absolument rien a voir
avec le film. Pire ! Le score ne figure meme pas sur
l'album ! C'est la fa la plus immorale
de faire du business ! Il faut savoir que dans notre pays, les
Etats-Unis, la seule chose qui compte, c'est
l'argent.
<em>Vous pensez qu'il est facile pour un compositeur
d'exister dans ces conditions ?</em>
C'est une question delicate. Je ne sais pas vraiment
comment les choses vont evoluer a Hollywood. Je pense
que, en ce moment, on entend de moins en moins
d'emotion dans les BOF. Beaucoup trop de scores sont
vraiment le resultat du genre de film qui a
ete tourne : des films qui donnent peu de
place a une bonne partition. Cela va changer, sans doute.
J'espere que les gens vont se lasser...
J'entends de plus en plus de realisateurs et de
producteurs se plaindrent que les musiques se ressemblent
toutes.

<em>Vous avez enregistre la partition
rejetee que composa Bernard Herrmann pour le film
d'Hitchcock  Le rideau dechire 
... Pourquoi ?</em>L'affaire de la
partition rejetee d'Herrmann etait connue de
tout le monde a Hollywood. Parce que Herrmann etait
un Dieu pour nous, jeunes compositeurs, nous suivions tout ce
qu'il faisait. Lorsque cette partition fut refusee,
nous fumes horrifies. Nous savions d'instinct
qu'Hitchcock avait commis une erreur. J'ai longtemps
attendu d'avoir l'opportunite de faire un
enregistrement de cette partition. Je l'ai d'ailleurs
utilisee dans le remake du film <em>Les nerfs a
vif</em> (Martin Scorsese).

<em>Avez-vous rencontre Bernard
Herrmann ?</em>
Oui, a l'epoque ou j'etais
jeune compositeur. Il etait pour moi une sorte de mentor.
Lorsque j'ai enregistre la partition ecrite
pour <em>L'aventure de madame Muir</em> (Joseph L.
Mankiewicz), j'ai eu le plaisir de jouer devant lui.
C'etait six mois avant sa mort...

<em>Et qu'avez-vous appris de lui que
l'on pourrait entendre dans vos partitions
?</em>
... Une sorte de ferocite par rapport aux
intentions... Beaucoup de ses musiques semblent parfois un peu
lourdes... Vous savez, je n'aurais jamais imagine
ecrire une partition comme celle de <em>La mort aux
trousses</em>, mais je suis heureux que Bernard Herrmann
l'ait fait!... Et c'est ce genre de partitions qui
nous manque terriblement aujourd'hui. Des scores
composes. L'electronique y est pour beaucoup :
etre assis devant un synthetiseur et improviser, ce
n'est pas composer. Mais, bon ! On a toujours nos dinosaures
a Hollywood : John Williams, et
Jerry Goldsmith (*). Et puis
Thomas Newman et James Horner nous rassurent un peu sur notre
avenir...

<em>Une definition de la musique de
film ?</em>
La partition d'un film doit faire en sorte que celui-ci soit
la meilleure experience emotionnelle qui soit pour le
spectateur. Pendant que vous regardez les images, vous
n'entendez pas vraiment la musique. Mais la musique vous fait
sentir quelque chose... Et si la partition reussit
a vous donner cette emotion, alors, c'est
gagne.</p>
<p></p>
<p>(Entretient realise
a Sedonna, Etats-Unis, en mai 2000)

* Jerry Goldsmith est decede en Juillet
2004</p>
				</div>			</content>			<id>http://loubiere.blog.toutlecine.com/2705/Se-souvenir-d-Elmer-en-ce-mois-d-aout/</id>			<link href="http://loubiere.blog.toutlecine.com/2705/Se-souvenir-d-Elmer-en-ce-mois-d-aout/" />			<author>				<name>loubiere</name>				<uri>http://loubiere.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-08-05T01:40:05+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>2001, l'Odyssée d'une partition légendaire</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>

Le 27 septembre 1968, la France decouvrait au cinema
le film qui consacrerait le genie de son realisateur
: <em>2001, l'Odyssee de l'espace</em> de
Stanley Kubrick.
Les compositions de Richard Strauss <em>Ainsi parlait
Zarathoustra</em> et de Johann Strauss <em>Le beau Danube bleu</em>
sont indissociables des images du film. Pourtant, a
l'origine, ces musiques ne devaient pas etre
la.

Nous sommes en decembre 1967. Le compositeur
Americain Alex North est
embauche par Kubrick pour ecrire la musique de son
prochain film. Alex North est un musicien respecte et
admire a Hollywood. Nomme 11 fois a
l'Oscar, il a signe entre autres les partitions de
<em>Cleopatre, Un tramway nomme
desir</em> et il vient d'achever <em>Qui a peur de
Virginie Wolf ?</em>
L'idee de travailler sur un film dont seulement 25
minutes sont dialoguees l'enthousiasme. Ce n'est
pas le cas de Stanley Kubrick. Son idee premiere,
utiliser des partitions classiques deja existantes
sur un film de SF, n'a pas convaincu la MGM. On lui impose
donc la presence d'un score original et ce sera North,
avec lequel Kubrick a deja travaille 7 ans
plus tot sur Spartacus.

Kubrick et North tentent de trouver une solution : le
realisateur veut Strauss et Ligeti ? North ecrira une
partition originale contenant les ingredients et
l'essence de ces compositions. Il entame
l'ecriture a Londres le 24 decembre.
L'enregistrement est prevu le premier janvier. Nuit et
jour, dans un appartement specialement amenage
pour lui par Kubrick, North compose.

Mais la pression est terrible. Victime de spasmes musculaires,
c'est en ambulance qu'Alex North vient a la
premiere seance d'enregistrement, confiant la
direction des musiciens a son orchestrateur, Henry Brandt.
En deux semaines, 40 minutes de score sont enregistrees en
presence de Kubrick. Le cineaste ne cesse
d'exiger des changements. North doit sans cesse retravailler
sa partition.
Apres onze jours de fortes tensions entre le compositeur et
le realisateur, Kubrick informe North que sa partition
n'est plus necessaire.  Je vais remplacer la
musique par des effets de respirations, lui dit-il . North
propose de retravailler la partition chez lui a Los Angeles,
en vain : sa proposition restera sans reponse.

Ce n'est qu'en Avril, a l'occasion
d'une projection du film a New York, que North
decouvre la verite : Kubrick a finalement
obtenu gain de cause aupres de la MGM. Son film exploite
purement et simplement les partitions preexistantes
accolees a ses images sur le premier mixage.
Et le score d'Alex North ecrit pour <em>2001
l'odyssee de l'espace</em> de tomber aux
oubliettes...

En 1993, le compositeur Jerry Goldsmith enregistrera cette partition
devenue legendaire, sauvant l'honneur et
l'oeuvre d'un homme qui, avec beaucoup de respect,
se sera toujours mis au service de l'image.
Cette partition (le generique, dans un style brillant
et pompeux, est un des plus beaux jamais ecrits pour le
cinema) est editee chez
Varese.</p>
<p>Vous l'aurez
compris: c'est cette partition de 40 minutes et non la bande
originale du film qui est a classer parmi mes BOF
favorites.</p>
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