<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://jorje.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://jorje.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[watch in progress]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2008-05-28T17:03:46+02:00</updated>		<entry>			<title>Question de saison</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em>La glace a fondu mais c'est
encore la saison du patin</em></p>
<p></p>
<p>Vous avez pu le constater (ou pas), a fait un bail
depuis le dernier article. Les beaux jours, d'autres sujets de
preoccupation, tout a, et surtout, apres un
debut d'annee qui bien que correct, ne cassait pas
trois briques a un canard, un invraisemblable creux
cinematographique dans l'actu salles. Pour ma part, il n'ya
que <strong>[REC]</strong> depuis presque 2 mois qui m'ait fait
envie, et si le film remplit son contrat, on ne peut pas dire non
plus qu'il fera a lui seul du printemps 2008 une belle
saison de cinema.</p>
<p></p>
<p>Ce fut l'occasion de pour moi de raccrocher les wagons avec
quelques series qui ne font pas de mal au cerveau, comme le
(sympatique) sitcom <strong>How I Met Your Mother</strong>
oula (navrante) saison 4 de <strong>Desperate
Housewives</strong>.On jugera <strong>Lost</strong> dans
quelques jours, une fois le season finale passe, cette
courte saison 4 n'ayant, jusque la, ete qu'en
partie a la hauteur de la precedente.</p>
<p></p>
<p>Ce fut egalement l'occasion de constater que l'automne
2007 avait ete une bien belle saison, en voyant
arriver dans les rayons de mon video-club
prefere des films qui sont tout simplement les
meilleurs vus l'an dernier. Parmi eux, je vous encourage a
voir ou revoir cette petite selection :</p>
<p>- dans la categorie "nouvel age d'or de la
comedie US", les deux merveilles de l'ecurie Apatow
que sont <strong>En Cloque, mode d'emploi</strong> et surtout
<strong>Supergrave</strong>, aussi droles et audacieuses
qu'emouvantes, deux films qui aident a vivre et qui
depassent de loin l'etiquette d'ode aux "freaks 
geeks". Comme piques au vif, detrones
sur leur propre terrain, on aurait dit que les Farrelly avaient
a coeur de repondre avec un esprit trash qu'on ne
leur connaissait plus. <strong>The Heartbreak Kid</strong> est en
effet leur comedie la plus noire, ou leur humour
slapstick maso ne fait que traduire une vision extremement
sombre de l'existence (tout arrive toujours a contre-temps,
le bonheur est inaccessible), que seul l'humour permet de
supporter. Enfin, dans un registre plus leger, <strong>Les
Rois du patin</strong> est probablement la meilleure
entreede Will Ferrell, puisque
cette tres drole parodie de film de sport reprend un
canevas classique qui la rend plus accessible que des monuments de
non-sens tels que <strong>Ron Burgundy</strong>.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>"Love Hurts" : l'accroche
tres amere du dernier Farrelly. Drole, vraiment
?</em></p>
<p></p>
<p>- dans la categorie "grands auteurs", prenez-vous une
leon de mise en scene avec le dernier Sydney Lumet,
<strong>Before the Devil Knows You're Dead</strong> (faites-moi
grace du titre franais), accompagne de la
ressortie du colossal <strong>The Offence</strong> une
leon de variation sur le theme du bien et du mal
avec le dernier Woody Allen, <strong>Le Reve de
Cassandre</strong> ; une leon de profondeur symbolique avec
le dernier Cronenberg, <strong>Les Promesses de l'Ombre</strong>,
ou l'on se regalera de la faon dont le
Canadien deploie son film et sa realisation sur le
theme des couches superposees, de la surface des
choses et de ce qu'elles cachent...</p>
<p></p>
<p>- dans la categorie "films de festival", lancez-vous de
ma part dans ce magnifique drame coreenqu'est
<strong>Secret Sunshine</strong>, film completement
bouleversant d'une humanite et d'une noirceur egales
au genie de son interprete feminine ; regardez
<strong>Paranoid Park</strong> de Van Sant avec l'idee que
c'est un film sur la decouverte de l'homosexualite,
la culpabilite et le sentiment de dechirement
interieur qui en decoulent (c'est tres
explicite) ; donnez une chance au barre
<strong>Steak</strong>, de Quentin Dupieux, qui recele les
premisses d'un univers artistique absolument remarquable ;
et guettez la sortie du thailandais <strong>Syndromes and a
Century</strong>, de l'imprononable membre du jury a
Cannes cette annee Apichatpong Weerasethakul, le genre de
film ou l'on ne comprend rien mais dont la puissance du
discret dispositif de mise en scene pourra toucher les
spectateurs les plus ouverts ou exigents, a l'instar des
images de <strong>Lumiere Silencieuse</strong> de Carlos
Reygadas.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>LE granddrame de 2007.
Grand film tout court, a ne pas manquer en DVD.</em></p>
<p></p>
<p>- enfin, dans la categorie "film de
genre",par
l'accueilreserve a <strong>A
Vif</strong> de Neil Jordan, belle et interessante
reflexion sur la morale, la dualite de l'individu et
son libre arbitre,contrairement aux accusations de
film facho qui n'ont pas manque, film humaniste qui incite
a la reflexion sur ce qui noussepare de
l'inconcevable contribuez a donner a
<strong>Stardust</strong>, l'elegante et emballante
comedie d'aventures de Matthew Vaughn, le statut culte
qu'elle merite, a l'instar de son illustre
modele <strong>Princess Bride</strong> ; prenez-vous la
baffe de l'annee devantla premiere
heuredu <strong>Halloween</strong> de Rob Zombie, dont la
mise en scene est en train de choper une puissance et une
ampleur hallucinantes ; et faites-vous un petit plaisir sadique en
montrant <strong>A L'interieur</strong>, dont l'audace
compense facilement les quelques defauts, a une
copine enceinte, gniark gniark...</p>
<p></p>
<p>Parmi les absents de cette liste, les films sortis plus
tot en DVD, ceux qui ne le sont pas encore, ceux que j'ai
manques (Beowulf !!!), ceux qui ont deja
beneficie d'un gros buzz... et ceux qui ne le
meritent absolument pas. Pour le plaisir, vous pouvez
eviter de ma part (ou au moins je vous aurai
prevenus) : <strong>American Gangster</strong>, charrette
a Oscars de Ridley Scott (manque !) et film de
gangster le plus mou du monde ; <strong>L'Assassinat de Jesse
James...</strong> , prototype de la boursouflure arty qui n'a rien
a dire, mais qui le camoufle derriere 3h de "belle
image", d'intrigue fumeuse, de Performance d'acteurs et de
decors Maisons et travaux special western ;
<strong>La Nuit nous appartient</strong>, polar shakespearien
tellement affecte et resigne qu'il
s'ecroule sous son propre poids, et ne vaut que pour sa
premiere et sa derniere scene ainsi que
les purges ultimes que sont <strong>Clerks 2</strong>, <strong>La
Faille</strong>, <strong>Blood Diamond</strong>,
<strong>Pathfinder</strong> (encore que le dernier soit presque
rigolo)...</p>
<p></p>
<p>Enfin, rejouissez-vous avec moi mes freres, de
voir avec la fin du festival de Cannes et le debut de
l'ete l'arrivee de grosses machines (et je ne
parle pas que de blockbusters, je compte bien aller voir le
Desplechin par exemple).</p>
<p>Je sais, a commence plutot mal avec cet
<strong>Indiana Jones 4</strong> qui deoit a
peu pres autant qu'il intrigue, mais on en reparlera dans un
prochain article...</p>
				</div>			</content>			<id>http://jorje.blog.toutlecine.com/3476/Question-de-saison/</id>			<link href="http://jorje.blog.toutlecine.com/3476/Question-de-saison/" />			<author>				<name>jorje</name>				<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-05-28T17:03:38+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Action sous perfusion</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Enfants des eighties, biberonnes aux Schwarzy, Sly,
Jean-Claude et autres machos musculeux de la grande epoque,
vous vous demandez peut-etre comme moi : que faire du
cinema d'action aujourd'hui ? Suivre la tendance, tirer un
trait sur un genre deprecie et ranger
honteusement les DVD dans un carton au fond du grenier, pour
eviter que votre bambin ne vous prenne, plus tard, comme un
ringard attarde du bulbe ? Vivre dans le culte rigolard et
lucide d'une epoque revolue, et revisionner
<em>Terrain Mine</em> et <em>Invasion USA</em> avec quelques
potes pervers lors de soirees pizza-biere ? Rester
fidele a votre passion de la tatane et suivre, avec
la complicite de votre video-club
comprehensif, l'evolution de la masse
ponderale de Steven Seagal dans ses coproductions roumaines
? Ou regarder, detache mais curieux, ce que devient
le genre aujourd'hui ? S'agissant des trois premieres
options, je vous laisse choisir, la quatrieme fera l'objet
des elucubrations qui vont suivre. Au bout d'un petit (et
modeste) historique du genre, il sera temps
d'evoquerle <strong>meilleur film d'action de
2007</strong> selon moi, etje suis sur que ce n'est pas
celui auquel vous pensez !</p>
<p>(ceux qui vont lire directement le dernier paragraphe sont de
mauvais joueurs)</p>
<p></p>
<p>Bon. Pour commencer ce sujet, un tel raisonnement par genre
supposerait au prealable une definition de ce
dernier, un petit champ d'investigation bien cloture,
mais ceux qui se sont deja pose la question
savent que comme une grande partie des genres
cinematographiques, les films d'action sont moins
aisement reductibles a une serie
d'elements constitutifs
figes(heros unique, resolvant un conflit
par la force ou les armes, quantite de scenes
spectaculaires, psychologie secondaire...) que dilues dans
la masseet tantot
marque par des films archetypaux, tantot
infiltrant d'autres genres (science-fiction, aventures, guerre,
comedie, policier, thriller, espionnage...). Je laisserai
donc a plus erudit (un archiviste, par exemple) le
soin d'une definition, me contentant d'evoquer
quelques jalons du film d'action de ces dernieres
annees, pour mieux comprendre ce que nous disent certains
films sortis l'annee derniere.</p>
<p></p>
<p>Une decennie en enfer</p>
<p>Commenons par rappeler que les cineastes ayant
donne ses quelques lettres de noblesse au cinema
d'action se font a l'heure actuelle plus que discrets.
Des les debut des annees 90, le cinema
d'action traditionnel (comprendre : ou un gros bras
dezingue des mechants)semblait
atteindreses limites en terme de renouvellement,
hum,"artistique". John McTiernan, qui aura toujours un temps
d'avance sur l'evolution du genre et sera a l'origine
de ses principales inflexions (parfois au detriment de la
reussite commerciale de ses films), le comprend.
Apres avoir exploite le physique hors-normes de
Schwarzenegger au premier degre (<em>Predator</em>, 87) et
impose une nouvelle norme deheros d'action,
average guy goguenard et vulnerable (<em>Die Hard</em>, 88),
il<em>Last Action
Hero</em> (93), dans une semi-parodie qui scellait, peut-etre
un peu trop tot pour le public, la fin d'une ere. Son
retour au genre ne se fera alors qu'au prix d'une refonte formelle
(<em>Die Hard 3</em>, 95) qui annonce, la encore de
faon visionnaire, le virage realiste et
"camera a l'epaule" qu'allait prendre le
cinema d'action des annees plus tard. Cela
n'empeche pas le succes, franchise oblige,
maisl'echec de l'incursion precoce de McT dans
l'epique (<em>Le 13e Guerrier</em>, 99), comme celui de son
brulot anti-spectacle qui suivit (<em>Rollerball</em>,
02),temoignent de la distance grandissante entre le
cheminement du realisateur et les attentes dugrand
public. Aujourd'hui, bientot 10 ans apres <em>Le 13e
Guerrier</em>, on lui souhaite desortir d'une
traversee du desert personnelle et professionnelle
douloureuse, et de nous revenir avec une bonne vieille claque dont
il a le secret.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>McT : pour le genre, une
vraie tete de porte-bonheur. Helas, a n'est
pas reciproque.</em></p>
<p></p>
<p>Un autre grand realisateur associe a
l'action hollywoodienne des annees 80-90, James Cameron, a
lui aussi connu une decennie de quasi-inactivite
cinematographique (volontaire cette fois) apres
<em>Titanic</em> (98). Cameron a certes moins oeuvre dans le
genre pur et il l'a moins faonne par sa mise en
scene que McTiernan, mais il a permis, par ses ambitions
pharaoniques associees a ses thematiques
recurrentes (l'angoisse du futur et de la technologie,
l'amour au-dela du temps, la
maternite...),d'amener le film d'action vers des
rivesplus universelles, attirant un public notamment
feminin qui apprecie ses personnages de femmes fortes
et libres. De sorte qu'aujourd'hui, et avant un <em>Avatar</em> qui
devrait etre l'evenement de 2009, il n'est plus
considere comme un realisateur de blockbusters
bourrins comme du temps de <em>T2</em>, mais bien comme un auteur
a part entiere. Enfin, Paul Verhoeven, qui a
donne au genre des oeuvres phares a la croisee
de la SF, a quitte le champ du blockbuster hollywoodien
depuis <em>Hollow Man</em> (2000). Leur a succede, en
quelque sorte,un John Woo qui aura juste eu le temps
d'imposer sa patte (<em>Volte/Face</em>, 97)avant que
celle-ci ne soit recuperee par un Tom Cruise
en retard sur les modes (<em>M:I 2</em>, 00). Ses compatriotes Tsui
Hark, Ringo Lamet Kirk Wong ne connaitront meme
l'honneur d'un projet international d'envergure. Apres
Woo,rares furent les realisateurs reconnus
principalement pour leurs films d'action afaire
positivement evoluerle genre...</p>
<p></p>
<p>When the moguls follow the
trawler...</p>
<p>En realite, on se rend compte que le cinema
d'action le plus typique, genre populaire par excellence,est
logiquement davantage incarne par des producteurs que des
cineastes. Si Joel Silver restele producteur
emblematique du genre, a l'origine de nombreux hits
en continu depuis <em>48 Heures</em> (82) jusqu'a <em>L'Arme
Fatale 3</em> (92), l'esthetique 80's et le melange
dedes buddy
movies a la Silver se font supplanter au milieu des
annees 90 par les productions d'un certain Jerry
Bruckheimer. Comptant sur ses poulains Tony Scott et surtout
Michael Bay, Bruckheimer va imposer sa patte grandiloquente aux
blockbusters des annees 90 :images triturees en
postprod, montage epileptique, surenchere logistique
et pyrotechnique,tonalite volontiers pompiere
et racoleuse... Si le public suit ces grosses machines,
artistiquement, beaucoup parlent de derive du cinema
pop corn. Avec le recul, on pourra y voir un certain esprit
experimental assez stimulant, ou les personnages
deviennent moins importants que l'espace,le decor, le
plan (dans tous les sens du terme, topographique comme
cinematographique). Le cerner pour Scott, l'exploser pour
Bay.</p>
<p></p>
<p>Le genre action semble alors sur la pente descendante,et
ses stars maison, malgre les efforts de certains (Van Damme
avec les Ringo Lam) deviennent affreusement has-been. Bruckheimer
lui-meme s'eloigne du film d'action, laissant les
miettesopportunistes sans grande
ambition comme Neil H. Moritz (<em>xXx</em>, 02)ou Luc Besson
(<em>Le Transporteur</em>, 02). Les nouvelles vedettes de l'action,
Vin Diesel, Jason Statham, The Rock, Wesley Snipes, n'atteignent ni
la popularite de leurs aines, ni ne semblent
vouloir se laisser enfermer dans cette etiquette
reductrice. Exception notable : Jet Li, pur artiste martial,
qui tenta mais ne reussira pas tout a fait a
profiter de la vague asiatophile qui s'empare du cinema
mondial a cette periode.</p>
<p></p>
<p>Everybody was kung-fu fighting</p>
<p>La fin des annees 90 est aussi la periode de la
decouverte et de la popularisation des cinemas
lointains, en particulier du cinema asiatique.Faisant
suite a l'exil timide, voire avorte,de quelques
cineastes hong-kongais, Hollywood se tourna vers l'est pour
redonner un coup de fouet a ses films a grand
spectacle.Apres avoir connu une petite periode
de disette, Joel Silver a le nez creux en faisant de Jet
Lide <em>L'Arme fatale
4</em>(98), avant de financer le projet un peu fou de deux
freres quasi-debutants :un film de SF
monumental melant cyberpunk, philosophie, kung-fu
aerien et fusillades
d'anthologie.a
bientot 10 ans,et le film a a la fois a
porte le "film de baston" vers des cimes
insouponnees et a definitivement fait
penetrerles choregraphies
elaborees de combat cables comme une
nouvelle composantedu film d'action, offrant un passeport
dore a Yuen Woo-Ping et ses collegues.</p>
<p></p>
<p><em>Iiiiiiit's bullet time
!</em></p>
<p></p>
<p>Le film est un mega carton, et sa mise en
sceneva influencer
considerablement la production des annees suivantes,
de nombreux films en empruntant les gimmicks(<em>Charlie's
Angels</em>, 2000)... Ce qui aura pour effet defaire retomber
le souffle du kung fu movie a vitesse grand V,
d'autant que pendant ce temps-la, le public accede
aux oeuvres asiatiques originales.L'emprunt massif aux
figures asiatiques de l'action semble avoir fait long feu,
notamment depuis celui, assez definitif,qu'en a fait
Tarantino dans <em>Kill Bill</em> : desormais, il sera
probablement discret et plus diffus.</p>
<p></p>
<p>Je ne suis pas un heros
!!</p>
<p><em>Matrix</em> n'y etant pas forcement pour rien,
les annees 2000 sont egalement les annees de
la domination de nouvelles figures de heros de cinema
: les super-heros. Les progres techniques se
developpant de maniere inversement proportionnelle
a l'imagination des studios, de nombreuses adaptations de
comics vont voir le jour, la plus reussie et la plus
emblematique etant de loin le <em>Spider-Man</em> de
Sam Raimi. Reste que ces super-heros sont a
l'ecran l'antithese des heros d'action
d'autrefois : vulnerables, portant leurs pouvoirs comme des
fardeaux, ces films bien que spectaculaires ne semblent devoir se
voir que comme des allegories politiques (<em>X-Men</em>),
psychologiques (<em>Batman Begins</em>), voire psychanalytiques (le
<em>Hulk</em> d'Ang Lee).</p>
<p>Un des films de super-heros les plus remarquables,
le <em>Incassable</em> de Shyamalan (00), propose meme un
discours aux multiples lectures ou le spectacle est mis au
second plan, et ou la supposee nature
super-heroique de David Dunn (Bruce Willis) n'est qu'un
pretexte a une meditationprofonde sur le
sens que l'on donne a nos vies, notre place dans le monde et
la part qu'yprennent la croyance et le conte populaire.</p>
<p>Bref, qu'il s'appelle Peter Parker ou Aragorn, le
herosde la derniere decennie
evolue plus dans le canevas du film d'aventures que dans
celui du film d'action, son evolution interieure
(remember Joseph Campbell) etant decisive dans sa
capacite a triompher des obstacles qui se
presentent a lui. Exception faite de <em>Blade 2</em>
(02), reussite aussi atypique dans la filmo de Del Toro que
dans un paysage de heros tourmentes, nos heros
se roulent plus des mecaniques. Riddick, autre figure
musclee et badass des annees 2000, est meme un
criminel sans foi ni loi. Globalement, le heros nouveau est
soit un type (presque) comme les autres, soit un mec vachement
sensible, soit une vieille crapule attachante.</p>
<p></p>
<p>Vous prendrez bien encore un JB
?</p>
<p>De fait, meme s'i ne vient pas du cinema, le
heros d'action le plusiconique
aemerger dans les annees 2000 est
a la fois un type ordinaire, tourmente et
potentiellement dangereux. Son nom : Jack Bauer. D'allure assez
discrete, ne se distinguant du commun des mortels que par sa
tenaciteet sa capacite a prendre la
bonne decision au bon moment, c'est un melange de
droiture morale et de personnalite borderline, de bon
pere de famille et de kamikaze torture.
Creee en 2001, la serie <em>24</em> est
instantanement un grand succes populaire
double d'une belle reussite artistique. On
decouvre que le format 24x 50' permet une diffusion et
une addiction maximales, et qu'une
esthetiquetelevisee,
particulierement ambitieuse en l'occurrence, n'est pas
forcement un handicap, surtoutface aux exces de
la production cinema type Bruckheimer. Jouant la carte du
realisme a tous les niveaux (personnages
credibles, intrigue en temps reel) et du
rebondissement constant, les producteurs definissent une
nouvelle norme de la fiction d'action. L'impact est tel que la
serie aura beau abandonner progressivement tout ce qui
faisait sa valeur initiale (le realisme, l'utilisation des
split-screens, le developpement sur plusieurs saisons d'un
univers coherent), le public suivra toujours. Aujourd'hui
encore, alors que <em>24</em> a atteint des sommets de caricature
et de ridicule, et est desavouee par la
majorite de ses fans, sortent des films comme <em>Angles
d'attaque</em> qui en sont des directs heritiers. Plus
globalement, ce genre populaire qu'est l'action a tres
facilement integre le petit ecran, rencontrant
le succes d'<em>Alias</em> a <em>Prison Break</em>,
avec la meme mecanique de cliffhangers toutes les 20
minutes qui fidelise le public meme quand il trouve
De son cote, la bombe <em>The
Shield</em> enterre finga inda noze tous les polars sortis en
salles ces 10 dernieres annees, et acheve de
reduire la distance qualitative entre series et
cinema d'action.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Une idee pour
renouveler</em> 24 <em>: situer le Day 7 pendant le passage
a l'heure d'ete</em></p>
<p></p>
<p>Le seul personnage de cinemaa avoir
reussi a tenir tete a Jack Bauer dans un
registre similaire est un autre JB :Jason Bourne. Apparu en
2002 dans le sympathique thriller d'espionnage de Doug Liman
tire des romans de Ludlum, Bourne est un peu le petit
frere amnesique et sympa de Jack Bauer, bien servi
par le physique d'ado de Matt Damon. La difference notable
avec Bauer, et tout l'interet du personnage, c'est
justement cette dualite entre ses aptitudes extraordinaires
a la violence et sa volonte de ne pas y ceder.
Comme si le cinema d'action contemporain ne pouvait
cautionner l'usage gratuit de la violence, non seulement il la
justifie (Bourne agit toujours en legitime defense)
mais il cherche a s'en defaire, voire a s'en
excuser. Films d'action non-violent, ou le heros fuit
plus qu'il ne poursuit, cherche des explications plutot que
la vengeance, les Bourne resument bien la difficile
quete d'identite et de legitimite du
genre aujourd'hui. La saga prendra une dimension
supplementaire avec le 2e opus (04) et l'arrivee aux
commandes de Paul Greengrass. L'Anglais, qui affirme
detester la violence et semblait un curieux choix pour
diriger un blockbuster,<em>La Mort dans
la Peau</em> une date du cinema d'action.
Esthetiquement, il pousse le style "camera a
l'epaule" dans ses retranchements, grace a un
sens du cadre et du montage en equilibre quasi-parfait entre
le realisme absolu et une certaine cinegenie ;
le spectacle est ici plus une question de rythme
effrene, appuye par une immersion maximale
(parfois au detriment de la lisibilite), que de
debauche d'effets visuels. A ceux qui lui reprochent un
filmage un peu trop televisuel, Greengrass
repond que son influence principaleest celle du
Friedkin de<em>French
Connection</em>.lui et son
scenariste Tony Gilroypartent des bases du film de
vengeance et en font une histoire de redemption, ou
un Bourne brise (non, pas de jeu de mots) renoncera a
tuer, etl'amour qu'il porte a
celle qu'il a perdu,la force de tirer un trait sur son
passe. Un personnage sensible et humain, qui utilise
davantage la strategie que la force, un retour au
cinema realiste et intelligent des seventies :
voila pour le heros d'action des
annees2000, bien eloigne de celui des
annees 80-90...</p>
<p>Un 3e JB, James Bond, qui aura profite du creneau
libre du heros macho post-95 pour refaire son apparition
inoffensive sous les traits d'un mannequin pour pub Petrole
Hahn, en profite pour faire lui aussi sa mue, et devenir un blond
costaud,bagarreur mais coeur d'artichaud. On a beau adorer
Daniel Craig, on ne saurait que trop lui conseiller de
s'eloigner assez vite de gens comme Paul Haggis, Martin
Campbell ou Barbara Broccoli... Quant a sonsuccesseur
autoproclame, le Ethan Hunt des <em>Mission :
Impossible</em>, il estbien mal en point. Toujours en retard
sur la vague, Cruise croit debaucher en JJ Abramsle
genie en devenir du moment, mais se rendra compte trop tard
(ou pas, d'ailleurs) que celui-ci n'est qu'un bon vendeur de soupe.
Leur <em>M:I III</em> (06) est un pathetique renoncement
a l'action, d'un cynisme incroyable vis-a-vis du
genre. Heros peu motive ne cachant pas son envie de
tourner la page, gimmicks fatigues, McGuffin dont tout le
monde se branle explicitement, sequences d'action
zappees au profit de scenes de sitcom, cliffhangers
malhonnetes, finale expedie de faon
hallucinante: le film concentre tous les defauts des
series tele et fait figure manifeste de
non-envie de cinema.</p>
<p></p>
<p>2007 : and the winner is...</p>
<p>On en arrive a l'an dernier, annee pour laquelle
il semblait interessant de renifler les nouvelles tendances
du cinema d'action, etant donne la vitesse
a laquelle celles-ci s'amorcent et s'epuisent.
Premiere tendance : un certain retour a un
cinema d'aventures epique, barbare et violent
matine de fantasy, dont temoignent le
plutot prenant <em>Apocalypto,</em>le tres con
mais parfois fun <em>300</em> et le supernul
<em>Pathfinder</em>. Tout cela devraitdeboucher sur la
mise en chantier prochaine de <em>Conan</em>, dont la sortie sera
un veritable barometre pour la
perennite du genre, qui pour l'instant n'est pas
aussi bien servi qu'il le meriterait.</p>
<p>Deuxieme tendance, nettement plus perceptible
celle-la :le cinema de genre regarde en
arriere actuellement, empruntant non pas a des
univers connexes et contemporains, comme ce fut le cas avec les
comics, les series tele ou le cinema
asiatique auparavant, mais a sa propre histoire. Tout
d'abord,de jeunes reals se
reclament de"l'esprit des annees
70"dise jamais de quoi il s'agit
vraiment)a donne du polar lymphatique et
affecte a la James Gray (<em>La Nuit nous
appartient</em>), une assez honnete mais modeste adaptation
de Lehane (<em>Gone Baby Gone</em>), un film-dossier de maniaque,
applique maisun peu fade (<em>Zodiac</em>), voire un
film "wannabe badass" mais qui n'a pas les cojones d'aller au bout
(<em>Bad Times</em>) ; bref, rien de bien palpitant pour l'amateur
de cinema qui remue les tripes. On remarquera quele
meilleurpolar de l'annee est peut-etre
l'excellent<em>7h58 ce samedi-la</em>,
realise par unSyndney Lumet qui a oeuvre
danset qui, a l'instar de
Friedkin et son <em>Bug</em>, nous montre qu'il n'a rien perdu de
sa classe. Ceux-la sont bien plus modernes qu'unRidley
Scott et son <em>American Gangster</em> tout mou, calibre
pour les categories techniques des Oscars,ou
qu'unEdward Zwick et sa bouse paternaliste <em>Blood
Diamond</em>.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Contrairement a beaucoup
de heros d'action, Jason Bourne, lui, ne regarde pas dans le
retroviseur.</em></p>
<p></p>
<p>Une poignee de films temoignent par ailleurs que
les references n'attendent pas si longtemps pour
s'assumer comme principal support de cinema. Ainsi, le
tres chouette <em>Hot Fuzz</em> rend ouvertement hommage
a <em>Bad Boys 2</em>, Michael Bay touve grace
a <em>Transformers</em> un esprit eighties qui lui va comme
un gant, et l'improbable sortie salles de <em>The Marine</em> sonne
comme le retour en grace du bon vieux action movie d'antan,
beauf et volontairement cretin. Curieux objet venant de
nulle part (du catch US, plus exactement), <em>The Marine</em>
synthetise 30 ans d'une certaine idee du film
d'action avec son pitch a la <em>Commando</em>, ses
extravagances pyrotechniques a la Bay du pauvre, et son 37e
degre post-moderne. Avec sa star ressemblant a un
hybride Schwarzy / Matt Damon,citant ouvertement
<em>Delivrance</em>, <em>Scarface</em> ou <em>Terminator</em>,
<em>The Marine</em> est l'archetype, et esperons-le
le point de non-retour, d'un cinema de genre consanguin, qui
se pille lui-meme a une vitesse hallucinante. Le
projet <em>Grindhouse</em> lui-meme, s'il ne rentre pas dans
cette reflexion du fait de la singularite du segment
de Tarantino, montre a quel point la logique de
recyclagele
pas sur la creation.</p>
<p>De ces films a forte valeur nostalgique emerge
toutefois le direct au coeur que nous balance Stallone avec son
<em>Rocky</em> Balboa, icone
trangenerationnelle s'il en est,et preuve que
la sincerite d'une oeuvre prime sur son
originalite. Le rayon des sequelles fut a cet
egard assezdiversement enthousiasmant. Si
<em>Spider-Man 3</em>, malgre son cote bancal,
clot la saga avec beaucoup d'emotion et de
generosite, en offrant des sequences
fabuleuses d'une ampleur rarement vues sur un ecran, on peut
regretter la faon dont se conclut la trilogie Bourne. On
pouvait se douter que le personnage se releverait
difficilement de l'absence de Marie (Franka Potente). Sans
surprise, <em>La Vengeance dans la peau</em> est un film sans
beaucoup d'ame, dont le contenu emotionnel passe
a chaque fois par un rappel du personnage de Marie
(flashbacks, mimetisme adopte par Nicky/Julia
Stiles). Reduit a repomper le precedent
sous pretexte de respect du cahier des charges, Grengrass,
dont on sent l'envie de voir ailleurs, en fait une course-poursuite
fatigante dans les capitales occidentales frappees par le
terrorisme (...et alors ?) dont l'enjeu sera la decouverte,
sans grand interet, de la faon dont Bourne est
devenu Bourne. Malgre quelques sequences
remarquablement choregraphiees (Londres, Tanger), le
film n'a de reussi quesa gestion d'un tempo toujours
plus rapide. Cela dit, on preferera mille fois cette
deception a l'infame trahison que
fut<em>Die Hard 4.0</em>, qui pietine sans vergogne la
nature d'un John McClane, transforme en vieux con
reac et patriote avec l'assentiment de Bruce Willis, et se
foutant de la gueulede cette
tache de Kevin Smith.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Mais, mais... avec quoi Jason
Stathamn tient-il son guidon ?</em></p>
<p></p>
<p>Tout cela pour dire que le meilleur film d'action de 2007 n'est
pas forcement celui qu'on attendait, puisque passes
tous ces films qui regardent peniblement dans le
retroviseur, il ne reste pas grand-chose, hormis un petit
ovni nomme <em>Hyper Tension</em>. A priori, et meme
si on a de l'affection pour cette grosse brute anglaise de Jason
Statham, il n'y avait rien a attendre du premier
filmBrian
Taylor, et surtout d'un pitch aussi racoleur que le coup du type
qui doit s'infliger des decharges d'adrenaline
regulierement pour ne pas mourir. Sauf que !</p>
<p>Sauf que ce concept, debile et bien bourrin en apparence,
pretexte a un joyeux enchainement de scenes de
flingages, de destruction, de sexe, de prise de produits illicites
en tout genre (c'est deja pas mal !) est aussi un
moyen assez finaud de questionner le genre. En effet, le
cinema d'action,des
series tele type <em>24</em>, semble soumis
a la necessite dedelivrer
a frequence reguliere des scenes
susceptibles de tenir regulierement son spectateur en
haleine, et en eveil. Dans un
societed'hyper-consommation, on
peutreduire la fiction populaire, et donc le
cinema d'action, a une succession de stimuli qui
suppose une escalade pour devancer l'habitude et l'accoutumance du
spectateur. En l'occurrence, une escalade dans le trash qu'illustre
bien la scene assez hallucinante de baise en public : il
faut au moins a pour que le personnage reste en vie
-a pour que le public
continue a regarder !</p>
<p>Une mise en scene roublarde vient appuyer le propos
a plusieurs reprises. Tout d'abord, le reveil du
personnage de Statham, en camera subjective, puis la
fail se decouvre lui-meme
filme, grace a une cassette laissee par
ses agresseurs, installe d'entree l'analogie et l'empathie
entre lui et le spectateur. Par la suite, Neverdine et Taylor
optent pour une realisation camera a
l'epaule en grand angle qui evoque a la fois
MTV (les cascades ont un cote <em>Jackass</em>), la
culture jeu video (dont se reclament les reals, on
pense notamment a <em>GTA</em>) et le porno gonzo. Un vrai
concentre de pop culture decomplexee, auquel
les reals apportent toutefois un point de vue critique assez
clair. En effet, le heros est depeint comme un type
autodestructeur, un loser que la soif d'adrenaline pousse
a faire des conneries, et cela bien avant qu'il soit
empoisonne. Lors d'une scene cruciale ou le
heros se retrouve chez son ami medecin, ce dernier
lui injecte un calmant et notre heros dit "je vais mieux".
Ce a quoi le toubib repond : "Non, tu vas tres
mal, a vrai dire tu vas mourir, c'est juste ce que je t'ai
injecte qui te fait planer". La fin, seche et
desenchantee, voit meme le heros se
rendre compte que sa recherche de sensations fortes l'a fait passer
a cote de l'essentiel.Qu'on voie le
personnage principal commespectateur lambda
du film d'action, ou comme le genre lui-meme, ce que raconte
<em>Hyper Tension</em> n'est autre que que l'autodestruction
programmee d'une course en avant qui ne peut finir que dans
le mur, en d'autres termes un regard lucidepuisque complice
sur une degenerescence assumee. Pour
vous convaincre encore de l'interet superieur
du film, je pourrais encore evoquer cette scene
hilarante ou le heros, frustre que sa copine
ne finisse pas sa pipe, va buter gratuitement des bad guys pour se
soulager. Rarement l'analogie aura ete aussi claire,
et l'amateur de fusillades ejaculatoires et de flingues
phalliques mis devant sa propre frustration de faon aussi
nette !</p>
<p>Alors non seulement il est tout a fait permis de prendre
un bon panard devant l'esprit jouissivement badass du film,
franchement 2nd degre et peu avare en derapages gore
et cul, mais il n'est pas interdit de trouver a moins con
que a en a l'air, la demarche etant
intentionnelle ou pas de la part de Neverdineet Taylor. Et
pour tous les pervers qui ne s'assument pas, cela permettra de
justifier l'achat du DVD a votre entourage sceptique...</p>
<p></p>
<p><span>A suivre donc</span> :
<em>Hyper Tension 2</em> (j'ai hate !), et sinon, sur ce
blog, on verra... Ah si, un mot sur deux absents de ce
(deja beaucoup trop) long sujet...</p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://jorje.blog.toutlecine.com/2325/Action-sous-perfusion/</id>			<link href="http://jorje.blog.toutlecine.com/2325/Action-sous-perfusion/" />			<author>				<name>jorje</name>				<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-04-04T19:49:09+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Fortunes diverses du polar français</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em>"Allo Olivier, c'est
Jorje. Tu m'etais sympathique mais desole, ton
film m'a file la gerbe"</em></p>
<p></p>
<p>Pour etre honnete, j'ai arrete
d'esperer quoi que ce soit du "renouveau du film de genre
franais" que certains attendent depuis des lustres, que
d'autres annoncent chaque annee. D'abord parce que ce genre
de chauvinisme ne me correspond pas, ensuite parce que les
deceptions dans tous les secteurs (systeme de
financement abscons, ratages en serie) m'auraient vite
decourage.</p>
<p>Pour autant, difficile de ne pas sentir comme une petite flamme
qui se rallume quand, par exemple, on voit fleurir coup sur coup
dans les couloirs du metro les affiches de
<em><strong>Cortex</strong></em>, <em><strong>MR73</strong></em> ou
<em><strong>Le Nouveau Protocole</strong></em>. Voila des
projets qui font envie, appelant respectivement a laisser
eclater le talent de conteur Nicolas Boukhrief a
travers un whodunit sombre et labyrinthique, a faire
s'epanouir la mise en scene et l'amour pour le polar
classique d'Olivier Marchal, fort du succes de
<em>36</em>,et enfin a reveler que la jeune
generation de reals touche-a-tout
pouvait, au detour d'un film de commande, faire revivre la
veine du thriller politique a la Yves Boisset.</p>
<p>Evidemment,aucun de ces trois films ne s'avere
conforme a ce que j'en esperais, deux d'entre-eux
jouant sur un registre relativement different de ce qu'il
annonait, le 3e se revelant au-dela de
la simple desillusion.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Ce n'est pas parce que Dussolier
ne sait plus ou il a mis son flingue que</em> Cortex
<em>n'est pas un bon polar</em></p>
<p></p>
<p>La premiere surprise est loin d'etre mauvaise
puisque s'ajoutent,a la simple enquete
policiere amnesique attendue dans <em>Cortex,</em>
des dimensions etonnantes : on est loin d'un Agatha Christie
a la sauce Memento, le film relevant plus de la
tragi-comedie que du polar. Jouant merveilleusement sur
l'idee de faire d'un patient de maison de retraite, lieu
anxiogene par excellence, un ex-flic atteint d'Alzheimer,
Boukhrief se place toujours a la distance ideale du
personnage de Dussolier pour etre a la fois avec lui
et en retrait. Ainsi, le spectateur "vit" les inquietudes,
les soupons et les trous de memoire du personnage
par une remarquable utilisation de l'ellipse, de meme qu'il
est constamment tente de rire ou de s'emouvoir de sa
paranoia galopante. De cette ambiguite constante,
le film tire une richesse et une ampleur reellement
remarquables, une vraie profondeur humaine aussi, mettant de
cote son aspect suspense pour mieux le
reintroduire quand on s'y attend le moins. A la fois
ludique, drole, inquietant et touchant, c'est une
petite perle inclassable beneficiant de performances
d'acteurs assez impressionnantes. Apres avoir defendu
le cinema de genre pendant une bonne decennie
notamment sur Starfix etCanal, Boukhrief confirme qu'il est
un real d'une grande maturite, dote d'une
personnalite singuliere et d'une maitrise
discrete mais tres efficace de son art.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Marie Jo Mulder et Clovis Scully
: la verite est ou, deja
?</em></p>
<p></p>
<p>La seconde surprise deconcerte un peu davantage. On
pensait a peu pres savoir a quoi s'en tenir
avec le film de Thomas Vincent, <em>Le Nouveau Protocole</em>, qui
annonce une couleur militante anti-labos pharmaceutiques des
une introduction lourde de sous-entendus, appuyee par une
musique de thriller. Pourtant, rapidement, le film va se
detourner du chemin tout trace du film-dossier
a charge pour epouser une reflexion beaucoup
plus nuancee et vertigineuse sur la verite,
son opacite et ses inevitables
interpretations. Filme au plus pres du
personnage de Clovis Cornillac, quidam enquetant sur la mort
de son fils et son lien avec des experimentations
pharmacologiques douteuses, le film de Thomas Vincent place le
spectateur dans la meme position d'incertitude par rapport
aux faits qui lui sont presentes, et questionne notre
subjectivite et notre propension a croire, a
faire des choix, alors que la verite se derobe
de plus en plus. Contre-balanant sans cesse ce que l'on
pensait acquis, appuyant qu'en l'absence de certitude de la raison,
ce sont les emotions qui guident nos actes, Vincent livre
surtout un film douloureux sur le deuil et la fragilite de
l'etre humain, avant de conclure, apres un
denouementsur
uneavec
davantage d'interrogations que de reponses.</p>
<p>Lui-meme assez hesitant dans sa forme,
sous-utilisantle scope, n'evitant pas quelques
mauvaises notes des que le tempo s'accelere et
pas toujours tres a l'aise dans sa partie thriller,
<em>Le Nouveau Protocole</em> est neanmoins un film joliment
tendu et immersif, ponctue de scenes
reellement poignantes, double d'un dispositif assez
brillant sur l'exposition de l'humain a la manipulation. En
revanche dans le fond, s'il evite tout
manicheisme en faisant du personnage de Marie-Jose
Croze une paranoiaque instable eten laissant supposer
que les labos ne sont que le fruit d'un systeme
accepte par tous, on peut reprocher au film de botter en
touche dans un debat tres contemporain, se gardant
bien de prendre position, voire se faisant (involontairement
?)l'avocat du diable. Personnellement, j'avoue que la
desolidarisation du personnage principal dans le dernier
acte (filme de dos auparavant, il est alors filme de
face) me gene et que, dans notre societe
actuelle, des films ouvertement militants ne me derangent
pas. Quoiqu'il en soit, le film souleve la question et peut
servir de support a un joli debat, en attendant
l'adaptation par Scorsese du magnifique <em>Shutter Island</em> de
Dennis Lehane.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Cette prison n'est pas
forcement insipree d'une histoire vraie</em></p>
<p></p>
<p>Enfin, et helas, le film le plus expose des 3 est
aussi, le mot est faible, le plus decevant. D'autant que ce
n'etaient pas les defauts de <em>36</em>, film bancal
mais porteur de belles intentions,qui pouvaient me laisser
envisager une telle repulsion pour <em>MR73</em>. Je suis
sorti de ce film consterne, sali par tant de
mediocrite artistique et humaine. C'est un film
degueulasse, mots peses. On s'est
defoules sur Schumacher et son <em>8MM</em>, que
dit-on ici ? Rien, ou si peu. A tort car a mon sens, ce film
est bien pire. [SPOILERS plus loin]</p>
<p>Alors, entendons-nous bien, que Marchal fasse un mauvais polar,
ou on se fait chier pendant plus d'une heure a
regarder Auteuil picoler et errer sur des scenes de crimes,
passe encore.</p>
<p>Qu'il fasse de ses personnages des caricatures ambulantes, sans
aucune profondeur (mis a part leur profonde betise)
pour les personnages principaux, grotesquement
etiquetes pour les bad guys (a tatouages ou
cretes de coq), passe encore.</p>
<p>Qu'il reutilise des ressorts dramatiques uses
jusqu'a la corde (le film torture blackliste,
l'enquete parallele, l'arrestation qui foire, les
flics ripoux qui enterrent l'enquete, la vengeance) sans rien
y apporter de nouveau ou de personnel, a n'est pas du
classicisme, c'est de la paresse et du manque de
personnalite, mais passe encore.</p>
<p>Qu'il plombe chaque scene de dialogues ampoules
tires d'un "Audiard pour les nuls"tendance Commissaire
Moulin, a commence a faire beaucoup mais passe
encore.</p>
<p>Qu'il nous fasse le coup de l'orpheline pure et
abandonnee, enceinte et seule a meme de
comprendre et de donner un sens a la vie du flic
torture, l'aimant sans le connaitre et donnant son nom
a son nouveau-ne, c'est completement
insupportable de mauvais gout et de nullite mais
a la limite, c'est pas si grave.</p>
<p>Mais qu'il depeigne un monde carceral relevant de
l'image d'Epinal, duquel on laisse sortir un tueur
multirecidivisteirrecuperable mais
manipulateur, se jouant d'un systeme qui fait fi des
victimes, et voulant, a peine sorti, "finir le travail" en
poursuivant l'innocente orpheline ceci pose, qu'il
mette en parallele l'execution du "monstre" par notre
flic tortureroique avec la naissance du
bebe, synonyme d'espoir et de vie ; qu'il filme cette
execution-la de maniere propre (un petit trou
dans le front) pour ne surtout pas deranger le spectateur
avec cette image, alors qu'il ne se prive pas de filmer des
trous-du-cul de victime ; qu'il paracheve tout cela d'un
"Inspire d'une histoire vraie", en brandissant son badge
d'ex-flic comme gage de legitimite, "c'est
vrai, je l'ai vecu" (oui mais quoi au juste ?) ; que tout
cela se fasse au moment ou passe en France un projet de loi
honteux sur la retention de surete, au moment
ou, plus globalement, le populisme penal le plus
rance triomphe et plonge la justice franaise dans un
moyen-age ideologique au mepris de 300 ans de
sciences humaines ; tout cela me file la gerbe, oui, a me
rend malade, M. Marchal.</p>
<p>Vous ne vouliez pas faire un tract politique ? Tres bien,
cela ne change pas grand-chose, c'est une triste coincidence,
dirons-nous.</p>
<p>Car independamment de tout contexte, ce film pue la mort,
le gout pour une autodestruction paresseuse, sans aucune
sublimation de la douleur ni effort intellectuel, il pue la haine
et le degout de l'humain, il pue le refuge dans une
iconisation de pacotille, la justice sauvageet la
condamnation irrevocable des "monstres".</p>
<p>Independamment de tout contexte, ce film pue, car en
arborant une caution "veridique", alors qu'il n'a rien de
realiste (etes-vous jamais entre dans une
prison, M. Marchal ?) et se complait dans les poses les plus
eculees du polar grandiloquent d'autrefois, il se
range dans le camp des menteurs, des manipulateurs de l'opinion par
l'emotion, des irresponsables pourfendeurs de
l'humanisme.</p>
<p>Ce film n'est pas du Melville, encore moins du Mann (avez-vous
eu une seule idee de mise en scene a part
cette photo ignoble ?), c'est du cinema morbide et sans
talent, et desole M. Marchal si vous vous revez
en figure romantique, en sauveur incestueux de l'orpheline, en
ame brisee mais pure au milieu des pourritures, en
candidat a la resurrection, pour moi vous n'avez de
commun avec Louis Schneider que le poids de votre
mediocrite a assumervous savez
comment il regle le probleme...</p>
<p></p>
<p><span>A suivre</span> : pour
se calmer un peu , un petit retour sur quelques zolis
(ou moins) films de 2007...</p>
				</div>			</content>			<id>http://jorje.blog.toutlecine.com/2269/Fortunes-diverses-du-polar-francais/</id>			<link href="http://jorje.blog.toutlecine.com/2269/Fortunes-diverses-du-polar-francais/" />			<author>				<name>jorje</name>				<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-03-27T14:03:56+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Publicité mensongère</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Autre grosse tendance de ce premier trimestre 2008 (non non, je
ne rame pas du tout pour trouver mes thematiques !
), celle qu'ont eu certains films a
ne pas etre ce qu'ils pretendaient, ou en tout cas,
a ne pas correspondre a l'idee que l'on
pouvait s'en faire a premiere vue... Pour le meilleur
ou pour le pire, les uns revelant des richesses
insouponnees, les autres se revelant
etre de pures arnaques. Bonnes surprises ou
deceptions, voilaquelques films qui avancent
masques.</p>
<p></p>
<p>REVIENS-MOI, de Joe Wright</p>
<p><span>Ce qu'il n'est
pas</span> : un love story cucul, avec amants separes
par la guerre et tourbillon romantique.</p>
<p><span>Ce qu'il est</span> :
la bande-annonce ne dit pas que la nouvelle originale s'appelle
"Expiation" et que c'est avant tout une histoire de
culpabilite et de pardon impossible, dont le role
principal est une petite fille et non les amants joues par
Keira Knightley et James McAvoy. A la faveur d'un twist final
culotte, le film devient meme une reflexion sur
la creation artistique et ce qui la fonde.</p>
<p><span>Et alors ?</span> :
que le filme surprenne et intrigue des le depart en
empreintant une voie peu classique et incertaine est une bonne
chose, sans conteste, et surtout dans ce qu'on pensait etre
une enieme romance victorienne et corsetee. La
premiere partie recele, malgre la lourdeur des
choix artistiques de Joe Wright, quelques belles scenes.
Mais la suite prend rapidement des allures de demonstration
vaine de la part du realisateur (dont un
plan-sequence ronflant sur la plage de Dunkerque), d'autant
que celui-ci laisse toujours le spectateur avec une longueur de
retard sur la comprehension des veritables enjeux du
recit, et donc de l'emotion. Jusqu'a ce twist
certes interessant, maisqui fonctionne beaucoup mieux
sur le mode litteraire que cinematographique (rigueur
du point de vue oblige)et que l'on peut legitimement
ne pas digerer.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Le jeu de la semaine : trouvez
sur l'affiche de</em> Reviens-Moi <em>son personnage
principal</em></p>
<p></p>
<p>INTO THE WILD de Sean Penn</p>
<p><span>Ce qu'il n'est pas
:</span> un film existentiel, meditatif et contemplatif sur
le retour a la nature, la solitude et l'isolement de la
civilisation moderne.</p>
<p><span>Ce qu'il est</span> :
une introspection progressive et douloureuse sur ce qui a
pousse Christopher McCandless a fuir son "monde".</p>
<p>">Et alors
?</span> : en privilegiant l'approche psychologique de ce
qu'il depeint comme un drame familial plutot que de
s'appuyer sur une hypothetique philosophie de vie propre
a ceux qui renoncent a la civilisation et brocardent
la modernite, Sean Penn prend le risque de decevoir
tous les jeunes en mal de revolte et autres bobos en pleine
crise identitaire, attires par une affiche qui leur
promettait un voyage spirituel dans les grands espaces. Il annihile
egalement toute iconisation de McCandless,
preferant avec un certain
courageen faire un gamin
qui a surtout besoin d'une psychanalyse plutot qu'un nouveau
Jack Kerouac.</p>
<p>Ne faisant pas durer un plan plus de 3 secondes ou ne laissant
jamais son personnage seul trop longtemps, Penn raconte comment ce
fils de bonne famille, touche par un mensonge familial dans
son identite meme, va partir a la recherche de
sa verite, synonyme pour lui de disparition.
Exploitant cinematographiquement cette idee sans que
beaucoup ne s'en aperoivent, Penn fait de McCandless un
personnage-fantome, incapable de penser par lui-meme,
enferme dans une impasse identitaire jusque dans ses
rencontres, pour qui il incarne toujours un "autre" (un fils
disparu, un amant impossible, Dieu...). Quand il agit sur son
environnement, il revele un mensonge ou un secret,
ildes catastrophes (la scene de
l'elan). Sa quete d'autosuffisance etant un
echec, il va comprendre qu'il n'existera vraiment que dans
la mort,d'une improbable
imprudence, assimilable a un suicide inconscient.
Decadre, floute, surimprime ou
neglige par la camera de Penn durant tout le
metrage, il ne sera reellement filme que
decharne et mourant, dans ce moment ou il peut
retrouver son vrai nom, penser al'union
retrouvee, grace a lui, de sa famille, et
rever d'une derniere etreinte souriante, la
mort venant soulager la douleur et la culpabilite
d'etre ne inutile, car n'empechant pas le
desamour de ses parents. Sean Penn, lui-meme
frere d'un Chris decede, raconte par le
biais de la soeur de McCandless un drame bouleversant.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>L'accroche de l'affiche</em>
<em>d'</em>Into the Wild <em>sonne moins touristique une fois le
film vu...</em></p>
<p></p>
<p>SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ de Michel
Gondry</p>
<p><span>Ce qu'il n'est
pas</span> : un hommage aux geeks et a ce qui fonde la
culture populaire (et a y reflechir, on n'est
meme pas sur que a soit un vrai film avec des
personnages dedans).</p>
<p><span>Ce qu'il est</span> :
un nouveau delire egotiste d'un clippeur doue
pour saccager des pitchs dements.</p>
<p><span>Et alors ?</span> : on
attendait avec impatience de voir,et d'enfin
apprecier,ce que le tres surestime
real franais pouvait faire de ce reve de geek.
Le resultat est sans appel pour Gondry : non seulement son
film reussit a ennuyer en 1h30 (2-3 gags poseurs pour
le mieux), mais il etale dans ce film toute sa
pretention et ce qui le separe d'un vrai
cineaste. Pour lui, un film ce n'est pas une histoire, des
personnages, des emotions, une thematique
transcendee par la mise en scene, ce sont des
vignettes illustratives plus ou moins rigolotes. Sa relecture de
films populaires est revelatrice :pure
regurgitation a travers une esthetique en
papier mache qui lui est popre, certes (et inventive
dans une certaine mesure), mais completement
desincarnee et privee de ce qui en a fait le
succes. Incapable de toucher a ce que des films comme
<em>RoboCop</em>, <em>Ghostbusters</em> ou meme <em>Rush
Hour</em> peuvent avoir de precieux et d'universel, Gondry
nous impose sa vision incroyablement reductrice du
cinema, tout enfantasmant des qualites
federatrices completement illusoires a
son imaginaire. Pour tous ceux qui aiment les films en question, un
tel contre-sens est penible, voire insupportable. D'ores et
deja, le film n'existe plus que par les promesses de
son pitch et le mouvement des "films suedes" qu'il a
engendre, ou les vrais fans de cinoche
populairese reapproprier leurs oeuvres
fetiches, avec amour cette fois. C'est deja
a.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>"Soyez Ingrats, Embobinez"
aurait pu s'appeler le plus grand piege a geek de
l'annee</em></p>
<p></p>
<p><span>A suivre</span> : une
speciale "polars franais" qui aurait tout aussi bien
pu integrer cette thematique, tant les films en
question derogent egalement a ce qu'ils
pretendent etre... ;)</p>
				</div>			</content>			<id>http://jorje.blog.toutlecine.com/2194/Publicite-mensongere/</id>			<link href="http://jorje.blog.toutlecine.com/2194/Publicite-mensongere/" />			<author>				<name>jorje</name>				<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-03-26T13:39:51+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Mauvais genre ? [2008.03]</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Sujet de revolte regulier chez les geeks,la
politique des distributeurs franet
satendance a tuer dans l'oeuf la carriere
hexagonale de films de genre beneficiant d'un buzz
avantageux, a recemment fait parler d'elle en enterrant
successivement tout une pelletee de films allechants,
mais probablement un peu trop etiquetes "serie
B" pour nos costard-cravate nationaux. Si leur retentissement
commercial est negligeable, hormis pour des films
franais comme <em>A L'Interieur</em> ou
<em>Frontiere(s)</em>,on peut
legitimements'insurger de ce que ces choix
priventune partie du public, pourtant friand de
cinema, de la chance de voir autre chose que des
blockbusters inoffensifs ou des divertissements pour
menagere. Meme a Paris, il a fallu se
depecher pour aller voir, dans les plus obscures
dessalles de la capitale, des films buzzes
comme<strong><em>Death Sentence</em></strong>, <em><strong>30
Jours de nuit</strong></em> et <strong><em>The Mist</em></strong>,
aussitot propulses au rang de martyrs de la
contre-culture.</p>
<p>Mais s'il faut combattre cet ostracisme qui marginalise encore
le cinema de genre, a l'heure ou l'on pourrait
croire qu'il s'est sensiblement democratise
(campagnes publicitaires massives, visibilite nettement
accrue dans la presse specialisee...), attention tout
de meme a conserver un certain esprit critique et
a ne pas promouvoir a tort des films qui ne sont pas
forcement de totales reussites, et donc de bons
ambassadeurs d'un cinema different mais de
qualite. Ce petit sujet visera a retablir une
certaine balance a propos des trois films
cites,pour compenser ici un emballement critique un
peu excessif, et la consoler le spectateur malheureux,
persuade d'avoir laisse passer un chef-d'oeuvre.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>"La" scene du parking
de</em> Death Sentence <em>: un morceau d'anthologie dont le
defaut est d'etre presque trop spectaculaire</em></p>
<p></p>
<p>Le revenge flick de James Wan, par exemple, <em>Death
Sentence</em>, est effectivement une bonne surprise de la part de
l'auteur de <em>Saw,</em> et il evite globalement les
pieges du genre en faisant de la quete vengeresse de
son personnage une derive, unique echappatoire
a une douleur insupportable. Pour autant, ce n'est pas un
film hardcore, le basculement de Kevin Bacon se faisant tres
progressivement etmoins sous l'effet de la colere
quesous le coup de la menace qu'exerce sur lui et sa famille
une bande de degeneres stylises
et caricaturaux. Se plaant autant dans une veine comic-book
a la <em>Punisher</em> que dans une
visceralite realiste a la <em>Death
Wish</em>, le film souffre sans doute de la relative
immaturite de son cineaste, qui ne peut pas
s'empecher de ponctuer ses morceaux de bravoure de
plans-sequences impossibles (et donc tres visibles)
et de surligner tous ses effets. Passant apres le
tres subtil et audacieux <em>A Vif</em>, voila donc
une serie B plutot recommandable mais pas essentielle,
reservee aux amateurs du genre, et dont la sortie
salles ne fut pas scandaleuse au regard du potentiel commercial des
vigilante.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>David Slade a filme</em>
30 Jours de nuit <em>avec des lunettes de ski sur le nez. Ceci
explique peut-etre cela.</em></p>
<p></p>
<p>On ne pleurera pas tropnon plus sur la sortie en catimini
de <em>30 Jours de nuit</em>, production a l'identite
hybride reunissant un casting pour pisseuses, un real
debutant remarque pour le faussement trash <em>Hard
Candy</em> et un pur pitch de genre inspire d'un comics. Non
que tout soit a jeter (les premieres images sont
tres belles, et quelques effusions gore - dont une
decapitation a la hache plein cadre ! - valent le
detour), mais le resultat final laisse pantois devant
l'immensede l'histoire (<em>The Thing</em>
meets <em>Pitch Black</em> meets <em>Blade II</em> quand meme
!). Comme cela a deja ete dit,
notamment par notre brave Yannick Dahan, le film s'asseoit
gentiment sur les 2 idees contenues dans son titre, puisque
la gestion du temps est si catastrophique que les 30 jours semblent
pouvoir etre reductibles a une nuit, et que
jamais la mise en scene ne joue de l'obscurite,
plongeant la ville dans la nuit americaine la plus claire
jamais vue. Mais le plus grave, c'est probablement le
decoupage completement improbable de David Slade,
confirmant que celui-ci est tout sauf un cineaste. A force
de rechercher le belle image a chaque plan (normal, c'est un
clippeur), il montre a plusieurs reprises son
incapacite a gerer un espace a trois
dimensions, une multitude de personnages, une echelle de
plans, le hors-champ, etc. D'ou de nombreuses scenes
illisibles, ou l'implication du spectateur est
reduite a neant par son incomprehension
de ce qu'il est cense voir, presque un cas d'ecole de
l'anti-cinema. Le real s'embrouille tellement
lui-meme qu'il fera reapparaitre dans la
scene finale un vampire passe au broyeur 5 minutes
plus tot. A la trappe !</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>Qu'y a-t-il derriere la
Brume ? Mieux vaut ne pas le savoir...</em></p>
<p></p>
<p>Enfin, il faut etre plus mesure pour le cas <em>The
Mist</em>. D'abord parce que c'est le film qui a probablement
ete le moins bien distribue des 3 (c'est une
impression, a confirmer), ensuite parce que c'est de loin le
plus interessant (ce qui ne vaut pas dire reussi).
Les gens charges de vendre le film etant visiblement
au courant du potentiel de l'association King/Darabont (tous deux
figurent en bonne place sur l'affiche), le probleme vient
peut-etre d'ailleurs. Tout le monde conviendra de ce que le
casting de quasi inconnus, le cote fantastique old
school du film et un propos aussi adulte que pessimiste (ausculter
les comportements humains face a la peur) avait de
quoieloigner les masses adeptes de l'horreur tape
a l'oeil, confortableet immature.</p>
<p>Mais il faut egalement avancer que malgre un
louablemodes, une exposition en beton,
la note d'intention de Darabont de faire du Carpenter (cite
des le premier plan) matine de Lovecraft
(superbes visions de cauchemar qu'abrite la brume) et de satire
sociale corrosive visant l'extremisme religieux, le film
souffre de defauts qui l'empechent d'acceder
a un statut de chef d'oeuvre qui lui tendait les bras. Au
premier rang de ces defauts, la mise en scene d'un
Darabont qui montre une nouvelle fois ses limites des que
l'on sort du pur film de personnages (sfx lamentables, tres
mauvaise negociation des scenes d'action). On se
demande d'ailleurs s'il n'aurait pas ete judicieux
pour lui d'eviter radicalement toute tentative de
spectaculaire, se contentant d'un huis clos sur la manipulation et
la croyance sans jamais rien montrer de la menace
exterieure. En second lieu, permettez-moi de pousser une
gueulante sur cette fin, vendue comme traumatisante alors qu'elle
m'a paru aussi grotesqueque maladroite, brouillant un propos
jusque la assez clair par sa dimension morale tres
ambigue.</p>
<p>[SPOILERS] Cedant dans la
forme a un certain mysticisme (musique de Dead can Dance
aidant), <em>The Mist</em> s'acheve en effet sur la punition
implacable des incroyants et de ceux pour qui le suicide est une
solution digne face a l'horreur. Plus catho, tu meurs ! Ceux
qui avaient deja tique devant l'amorce d'un
double-discours etrange, a la fin de <em>La Ligne
Verte</em>, risquent a nouveau de trouver l'attitude de
Darabont plus que douteuse. [fin
SPOILERS]</p>
<p></p>
<p></p>
<p>L'Orphelinat <em>: l'exemple
a suivre ou l'exception qui confirme la regle
?</em></p>
<p></p>
<p>On voit donc que si ces films n'ont pas connu un sort conforme
aux attentes des fans de cinema de genre, ce n'est
passeulement a cause du mepris de
l'intelligentsia ou du cynisme des distributeurs franais,
mais peut-etre aussi parce que, tout simplement, ils ne sont
pas tout a fait assez bons pour pretendre a
une plus large diffusion. Cela releve de
l'appreciation personnelle, mais force est de
reconnaitre qu'un film aussi impeccablement
maitrise que <em><strong>L'Orphelinat</strong></em> de
JA Bayona, malgre sa nationalite espagnole et une
arrivee tardive au sein d'un genre considerablement
balise et investi ces dernieres annees, a su
convaincre les distributeurs et beneficier d'une
distribution plutot genereuse, lui permettant
de trouver son public. Pour conclure, on rappellera quele
public a lui-meme une part de responsabilite dans
l'offre qui lui est proposee, et que les Espagnols, en
faisant un triomphe a <em>L'Orphelinat</em>, se sont
assures de la credibilite commerciale locale
du cinema de genre pour quelques annees...</p>
				</div>			</content>			<id>http://jorje.blog.toutlecine.com/2191/Mauvais-genre-2008-03/</id>			<link href="http://jorje.blog.toutlecine.com/2191/Mauvais-genre-2008-03/" />			<author>				<name>jorje</name>				<uri>http://jorje.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-03-21T15:49:40+02:00</updated>		</entry></feed>